L’hiverLe soleil résisteCaché en nos âmes
L’hiverLe soleil résisteCaché en nos âmes
O mon amour envoléLes hommes continuent de vieillirMême lorsque le temps s’est arrêté
J'ai mis hier soir dans une bouteille un océanMais le bateau que j'ai bâti est bien trop grandJ'aurais tant aimé aller, aller de l'autre côté de cet océanDommagePar désespoir, je plonge dans la bouteille et tente ma chance à la nage...Malheureusement, personne ne plonge impunément !
Un hiver attentionné sait se montrer discret
Entre deux nuages
Une caresse se glisse
Réchauffant mon visage
Les voix mélées
Les âmes se mèlent
Les voies se démèlent
Les coeurs s'emmèlentA quelques pas de là
Les uns contre les autres
Partagent leur voix
Propagent leurs notes
Pascal Usseglio
23 février 2007
Dans le bar d’une gareUn homme et une femmeS'enlacent du regardLes yeux au fond de l’âmeIls ont au bout des brasDe folles araignéesIls ont au bout des lèvresUn sourire muetLeurs araignées danseusesMuettes dans le soirSe poursuivent rêveusesTissant milles histoiresElles filent, elles tressentFredonnent tourbillonnentSe trouvent puis se cherchentSe frôlent et frissonnentEt les bras qui s’affolentPoursuivent les tisseusesTiraillent les fileusesPour qu’elles ne s’envolentIls valsent avec ellesLa langue sans paroleTricotant le silenceDe mots en farandoleIls forment et ils tracentIls sifflent et ils crissentIls frottent et ils froissentIls bruissent puis frémissentPeu à peu, ils chuchotentPeu à peu, ils murmurentPuis soudain, ils s’approchentLe silence, ils s’embrassent
Au coeur de la sourde résonanceDans les murmures graves et gravesSe glissent entre d’assommants silencesPetits cris, petits pas, petits riresRecouvrant notre sieste pesanteD’un jour nouveau, d’une aube naissante
Une pique de cactusUne pointe de c’est quoi ?Une perle de carminS’écoule au bout de son doigt.
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !Charles Baudelaire
Les Fleurs du Mal
Du bout des doigts
Je trace
Une espérance
Sur tes hanches
Pascal Usseglio
3 septembre 2005
Ainsi naissent les nouveaux nés,Et la nouvelle est ainsi néeLà sur la rive d'une oreilleDans le lobe d'une rivièreIl est divinement néEt la nouvelle voulutQue l’enfant fut né divinAinsi naît l’arche de Noé,Adam et Eve, pétris de boue,Celui qui des eaux est sauvé,Et Jésus trois fois à genou.Ainsi naissent les prisons,Ses tabernacles terriblesOù l'on se fait prisonnier.
Elle est le jour, la nuit,Les larmes et les rires,Le soleil et la pluie,Le murmure et les cris.Avant de la connaître,Tout était sans clarté.Je me suis senti naîtreQuand je l'ai rencontrée.Elle aime et aimera,Et d’un regard foudroie.Danse dans ses yeux bleusLa liberté, le feu.
Papillon demoiselleM’affole de son charme.Ses saphirs sont le cielOù s’envole mon âme.Ciel plus immense encore,Quand un instant à partSe frôlent nos aurores,Se croisent nos regards.
Ciel entre deux saisons
Une grenouille rouge
Vole à la rencontre d'un serpent gris bleu
Pascal Usseglio
10 septembre 2005
La mésange chantaitLa voix de l’amourMais elle oubliaitDe me dire le jourQuand elle est partieQu’elle s'est envoléeEn laissant la nuitJe n'ai pas pleuréJ’y ai repenséAprès son départJ’attends mon aiméeIl n'est pas trop tardQuand elle est venueUn jour de SabbatJe n'y ai pas cruMais j'étais bien làElle m'est apparueDrapée de confianceJe me sentais nuSans aucune chancePuis elle a poséSon regard sur moiSes yeux abîmésPar la fin, la foiJ’ai touché sa mainDoucement comme çaElle m'a fait du bienJ’ai ouvert mes brasElle s'est appuyéeLentement sur moiJe l'ai embrasséOn est resté làEst tombé la nuitSur nous enlacésEt puis elle a fuitMe laissant rêverDepuis je ne cesseDe la rechercherJusque dans la presseOù elle est cachéeJe relis souventCe que j'ai écritJe sais qu'elle entendLe bruit de ce criEnfin le silence !Son image est loinReste la souffranceEt son doux parfum
Une jeune fille souriante,Suivent deux canards traversantDevant une vieille passante.Un vieux et son borsalinoPasse sur une bicycletteComme un petit air de guinguette.L’hiver dresse un blanc tableauOù s’envolent de noirs oiseaux,Et passe de Marne, une auto.A l’aube, de drôles d’oiseaux croisentEt croassent dans la campagneMa route d’hiver et d’essieux.
Penché et repliéA genou et à boutJe cherche chez les autresLe chantQue je ne chante plus
Paris, un samediDes poussettes et des passantsEsquissent un ballet presséQui voudrait prendre son tempsA Paris, un samedi, rue des Pyrénées.Pascal Usseglio
12 mars 2005
La danse des amoureuxQui rient l’un de l’autreTous deux avec les autresMais qui ont dans un coin des yeuxUn sourire qui n’est que pour eux.
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