Perché un papillon funambule
Sur ses cheveux d'or qui voltigent
Bercé, tel un roseau d'aquarelle,
Par sa voix qui l'anime
Penchée une jolie libellule
Lui donne le vertige
Posés, entre les mots ribambelles,
Ses sourires, hautes cimes
Dorées ses deux petites châtaignes
Rieuses, l'attirent, sublimes
Perlées sa peau de sable et ses ailes,
Le papillon se fige
Mangés, tout, le cœur et la cervelle,
Du papillon reste les ailes.
Pascal Usseglio
27 avril 2008
Serré contre moi
Un petit sachet
De papier blanc
Petit paquet
A mon bras
Se balade
Ma main le tient
A chaque instant
Il se froisse en
chantant
A le voir, On sent d’ici
La chaude odeur
Des croissants au
beurre
Pâte feuilletée
Roussie au four
Fournie en beurre
Mais dans ce sac
De boulangerie
Un mystère se tapi
Point de mille-feuille
Mais des feuilles par milles
Des livres encore
chauds
Tout juste sortis de la librairie
Et l’appétit démange, l’envie
De les
dévorer en marchant
Pascal
24 octobre 2005
Sous une cascade d'or
Un sourire éclaire
Un visage paisible
Le monde fait silence.
Pascal
24 septembre 2005
L'automne, première pluie
Des passants les pas chantant
Un sourire sous un parapluie.
Pascal
24 septembre 2005
ivre
j’ère
dérive
en mer
de vivre
je désespère
L'or du couchant
L'encre marine
L'ocre de l île
Laque en Sept couches
Pascal Usseglio
publié sur le blog http://ossiane.blog.lemonde.fr
7 mai 2008
J'enrage j'écume
Jaillit de ma plume
Plus qu un brûlot brûlant
Un océan sous l'ouragan
Pascal Usseglio
publié sur le blog http://ossiane.blog.lemonde.fr
3 mai 2008
Au calme des étangs
Réponds le calme des dimanches
A Vendôme, en Loir-et-Cher,
La brise se fait discrète
Le soleil lanterne tranquille
Quelques nuages, pas une tempête
Point de tumulte
Quelques passants
Ont l'allure discrète
Et le pas murmurant
A une terrasse déserte
Traînent deux tasses
Et un plein cendrier
Le serveur prend son temps
Pour les débarrasser
L'horloge oublie de sonner
La demi de deux heures
Dimanche
On fait silence
Au pied du lit
On contemple sans bruit
La semaine nouvelle
En son berceau dominical.
Pascal Usseglio
22 octobre 2005
A Agathe
Sous un première pluie d'automne,
Coule la foule entre les allées
Où une foule de stands offre des refuges bariolés.
Le journal de Jaurès est à sa fête.
Des musiques,
Se répandent
De loin en loin ;
Se répondent
De proche en proche.
Au milieu de tout cela,
Il y a toi,
Il y a moi,
Deux âmes qui se faufilent,
Ma main sur ton épaule,
Ma main sur ta hanche,
Entre les anonymes d'une foule immobile.
Le bruit devient silence...
Il y a ton rire
Il y a mes silences.
Il y a tes regards
Qui provoquent mes absences.
Dans une exposition refuge,
Nous échappons à la foule solitaire.
Devant un tableau poème
A ton oreille offerte
Glissent ses quelques mots, bohèmes
« tu me plais... ».
Il y a ce petit instant,
Ce petit sourire,
Où la valse à trois temps est encore possible.
Et puis il y a cette foule
Ici foule de mots
Dehors foule de gens
Foules qui éloignent.
Je rêve à cette chanson de Piaf :
« Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de sa voix
S'étouffe dans le rire des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...
Entraîné par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe les poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvé... »
Pascal Usseglio
septembre 2005
A Tiphaine
De retour d'un week-end à petite mine
Après un lundi en poussiérante compagnie
Une petite voix avance sur la route à petit pas.
Un samedi d'angoisse, un dimanche maussade
L'inquiétude au coeur sur son âme
Une petite voix approche, Je la trouve encore si loin !
De retour d'un week-end sans petite amie,
Après un lundi sans ton éclairante compagnie.
Une grosse voix cache son inquiétude pour toi.
Un samedi de soleil, un dimanche de merveilles,
En fin de lundi essayant d'être une réchauffante compagnie
Une grosse voix à distance accompagne les petits pas.
La petite voix arrache sans effort la grosse
A de poussiérantes obligations
Une petite voix arrive; à sa rencontre roule ma bosse.
La petite voix avait sur ton doux visage une petite mine
Et j'affichais sur ma grosse mine des sourires souriants.
Autour de pâtes, autour de nous,
La soirée a tourné, ensemble
A se parler, à s'écouter, à échanger, à rire...
Dans tes mots, dans ton rire, je puisais la force et le sourire pour dépasser ma solitude.
Dans mes mots, dans mes rires, j'essayais de semer un peu de soleil pour faire de l'ombre à tes inquiétudes et à cette distance qui te garde loin de toi.
14 septembre 2005
Un voilier s’égare
Sur mes larmes
Transate en solitaire
Pascal Usseglio
Comme une vague apaisante
Fils de douceur s'enroulant
En pelote chantante,
Comme le chant du ruisseau
Au printemps court dans la plaine
Au bord d'un champs, près d'un chêne.
Comme la douce fraîcheur
D'un petit matin d'été
Au soleil juste levé,
Comme une brise
Vient vous cueillir,
Comme un café et un chocolat noir
D'un après-midi trop long, trêve noire,
Comme sur un lit fatigué
Juste un instant se sentir flotter,
Comme le léger frisson
Suit la caresse légère,
Comme les nouvelles semences
Couvrant les vieux champs de bataille,
Comme une poignée d'eau fraîche
Offerte à un visage encore endormi,
Comme lorsque dans un silence
Sur toi je pose mon regard,
Comme l'écho de nos rires
Au sommet neige et d'azur,
Comme lorsque dans un souffle
Un murmure je dis ton prénom.
Pascal Usseglio
10 septembre 2005
Première pluie d'automne
Un parfum de terre
Fleurit sur mon coeur
Pascal Usseglio
16 septembre 2005
Ciel entre deux saisons
Une grenouille rouge
Vole à la rencontre d'un serpent gris bleu
Pascal Usseglio
10 septembre 2005
Derniers matins d'été
Premiers automnes d'amour.
Pascal Usseglio
10
septembre 2005
Entre toutes les fleurs la plus chère à mon cœur
Les vents qui la tannent jamais ne la fannent
Du sablier brisé le sable s'est écoulé
Entre toutes les pierres, au cœur de ma chair
Ses épines cruelles chaque jour encore plus belle
Du temps éparpillé un souffle a tiré une fleur d'éternité
Sur les arbustes par milliers poussent des beautés
Toutes au fil du temps fannent,
Une seule au milieu du désert,
De sable et de lumière n'est pas des fleurs d'hier
Dans un panier d'osier, ou un coffre fermé,
Dans le désert caché, ou chez un bijoutier,
Libre sous une vague, bloqué à une bague,
Sous le feu de midi ou le froid septentrion
Toutes les contraintes la morale les plaintes
Ne sont que du néant vers cette rose des vents
C'est ma main que je tends
Les roses du passé, du printemps et d'après
Une brise étale leurs pétales
Qui sculpte la rose des sables
N'enlèveront plus les épines ensablées.
Pascal Usseglio
Printemps 2000
En hommage au poète, voici un de ses textes
Prophétie
Là
où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
Aimé Césaire
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