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Sous un première pluie d'automne,
Coule la foule entre les allées
Où une foule de stands offre des refuges bariolés.
Le journal de Jaurès est à sa fête.
Des musiques,
Se répandent
De loin en loin ;
Se répondent
De proche en proche.
Au milieu de tout cela,
Il y a toi,
Il y a moi,
Deux âmes qui se faufilent,
Ma main sur ton épaule,
Ma main sur ta hanche,
Entre les anonymes d'une foule immobile.
Le bruit devient silence...
Il y a ton rire
Il y a mes silences.
Il y a tes regards
Qui provoquent mes absences.
Dans une exposition refuge,
Nous échappons à la foule solitaire.
Devant un tableau poème
A ton oreille offerte
Glissent ses quelques mots, bohèmes
« tu me plais... ».
Il y a ce petit instant,
Ce petit sourire,
Où la valse à trois temps est encore possible.
Et puis il y a cette foule
Ici foule de mots
Dehors foule de gens
Foules qui éloignent.
Je rêve à cette chanson de Piaf :
« Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de sa voix
S'étouffe dans le rire des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...
Entraîné par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe les poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvé... »
Pascal Usseglio
septembre 2005