Dans le bar d’une gareUn homme et une femmeS'enlacent du regardLes yeux au fond de l’âmeIls ont au bout des brasDe folles araignéesIls ont au bout des lèvresUn sourire muetLeurs araignées danseusesMuettes dans le soirSe poursuivent rêveusesTissant milles histoiresElles filent, elles tressentFredonnent tourbillonnentSe trouvent puis se cherchentSe frôlent et frissonnentEt les bras qui s’affolentPoursuivent les tisseusesTiraillent les fileusesPour qu’elles ne s’envolentIls valsent avec ellesLa langue sans paroleTricotant le silenceDe mots en farandoleIls forment et ils tracentIls sifflent et ils crissentIls frottent et ils froissentIls bruissent puis frémissentPeu à peu, ils chuchotentPeu à peu, ils murmurentPuis soudain, ils s’approchentLe silence, ils s’embrassent
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