Dans le bar d’une gare
Un homme et une femme
S'enlacent du regard
Les yeux au fond de l’âme
Ils ont au bout des bras
De folles araignées
Ils ont au bout des lèvres
Un sourire muet
Leurs araignées danseuses
Muettes dans le soir
Se poursuivent rêveuses
Tissant milles histoires
Elles filent, elles tressent
Fredonnent tourbillonnent
Se trouvent puis se cherchent
Se frôlent et frissonnent
Et les bras qui s’affolent
Poursuivent les tisseuses
Tiraillent les fileuses
Pour qu’elles ne s’envolent
Ils valsent avec elles
La langue sans parole
Tricotant le silence
De mots en farandole
Ils forment et ils tracent
Ils sifflent et ils crissent
Ils frottent et ils froissent
Ils bruissent puis frémissent
Peu à peu, ils chuchotent
Peu à peu, ils murmurent
Puis soudain, ils s’approchent
Le silence, ils s’embrassent
Pascal Usseglio
mai 2006
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