VI. dernière nuit
Depuis longtemps,
La nuit est ma partenaire,
Partenaire de monologue.
Dans le froid
Dans l’isolement
A travers les rues,
J’erre dans les clairs obscurs
A la lueur des lanternes de la ville,
Trouvant le silence où je m’écoute.
Une nuit.
« Hors du monde ».
Hors de moi, sans colère.
Sans victime autre que moi
Pour décharger mon désarroi.
Je sors
Une nouvelle fois,
Une nouvelle nuit.
A nouveau pour fuir
Ce chez moi
Qui n’est plus un chez nous.
Mes pas hagards
Des heures s'égarent
Dans les ruelles blafardes.
Je creuse en moi,
Cherche un pourquoi
Ne trouve aucun sens.
Je creuse en moi,
Cherche un horizon
Ne trouve qu’un gouffre sans fond.
Les larmes coulent
Froides et brûlantes.
Douleur lancinante.
La mort que j’abhorre
Me contemple
Et je lui rends son regard.
Pour la première fois
Je n’ai plus peur.
Ma vie m’est indifférente.
« Dépêche toi de vivre
Ou dépêche toi de mourir ».
Je frissonne
D’une évidence nouvelle.
Que me reste-t-il à vivre ?
Que j’ai envie de traverser ?
Seul sur ma barque
Emplie d’eau et de sel.
« Dépêche toi de vivre
Ou dépêche toi de mourir ».
Je rentre en moi,
Je rentre chez moi.
Le silence qui envahissait les rues
Envahit l’univers,
Assis sur le lit,
Les mains sur les joues,
Sans bruit,
Le temps s'écoule.
L'heure avance dans la nuit,
Au bout de la route.
Et dans ma tête
Une balance.
Pascal Usseglio
Commentaires