à Léna et à Boby Lapointe
Sous ma tête repose le passeur de rêve
Conjuguant avec mes temps la nocturne trêve.
J’ai sous ma tête un souvenir d’enfance
Que je traîne depuis dans mes errances.
J’ai tout juste huit ans et je vais partager
Avec ma tite sœur une chambre à rêver.
Nos deux lits superposés dans un coin;
Tout en haut m’attendait un vrai copain.
Fous rires, disputes, toujours je le jetais sur elle.
Complice silencieux des farces fraternelles,
Plus tard, confident avec mes amis
Des nuits à parler des filles jolies !
Puis il m’a suivi jusqu’à l’université.
Jusqu’à ce soir de novembre où je l’ai couchée
Doucement lui fredonnant un poème :
Une chanson qui lui disait je t’aime.
Pendant six ans, sans arrêt elle a bataillé
Après ce vieil oreiller, voulait le jeter ;
Léna n’aimait pas ce coussin crème, « ème ».
Elle est partie. Il est resté quand même.
Je le serre contre moi les soirs sans espoir,
Je l’entoure et il me murmure mon histoire,
Pleine d’éclats de rire et de soupirs,
De rêves, de larmes au goût salé.
Ce goût qui n’a pas d’âge…
Pascal Usseglio
août 2005
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