Dire les sens,
Oublier les mots,
Serrer contre son coeur
Un peu d'air, un peu d'âme.

Pascal Usseglio
3 septembre 2005


Ce blog est un espace où se rassemblent des poésies, des poèmes, des mots qui complotent quelques sensations et quelques émotions.


rêver

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Dimanche 1 juillet 2007
« Ont sombré la lune
et les Pléiades, C’est la mi-
nuit, le temps s’enfuit,
je suis seule, sans partager ma couche »
Sapphô
 
A ceux qui traversent des eaux sombres
  I. mémoire
 
La mémoire est un océan
Avec ses eaux calmes et claires
Et ses flots obscurs et béants.
 
Le temps présent est son rivage
Dont elle grignote les grains
Ses vagues les emmenant au large.
 
Au large où s’offre une vision
Sans horizon, où ciel et mer
Jamais ne se rencontreront.
 
Lorsqu’un bateau, frêle esquif
Une traversée esquisse,
Va, voguant vers la mémoire,
Pêcher un morceau d’histoire,
 
Nul ne peut savoir jusqu’où
Ballotté, naviguera.
Nul ne peut savoir jusqu’où
Emporté, dérivera.
 
Croisera-t-il les eaux sombres
Abysses où la mémoire
Se souvient des moments d’ombres
Fêlures où l’âme est noire ?
 
Pascal Usseglio
Octobre 2005 – mars 2006
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007

 II. adieu

Un dimanche après-midi,
A jamais journée maudite
Où se révèlent les ombres.
A jamais heure maudite
Où toute lumière sombre.
 
Elle pleurait et je pleurais.
Paroles et mots pleuvaient.
Phrases perdues aujourd’hui.
Sur moi est tombée la nuit
Je suis tombé avec elle.
 
En quelques mots dit
Le monde s’est tu,
Anéanti.
 
Nul tremblement, nul séisme,
Un instant bascule infime
Où rien ne s’est effondré,
Et où tout a disparu.
Mon histoire s’est perdue.
 
Une phrase pesante
Si vite dite,
L’amour envolé.
 
Un instant auparavant,
S’approchaient des cris d’enfants
L’instant d’après, le néant,
Le vide immense et béant.
Je suis seul avec le silence.
 
D’aucune planète.
Abandonné, j’erre
Sur cette terre,
 
Je ne suis plus un fils d’Eve,
Je suis un arbre sans sève,
Déraciné, effeuillé,
Fluctuant au fil de l’eau,
Près à être découpé.
 
S’enfuir prendre l’air, sortir
Pour ne pas la voir partir
Et comme doivent les hommes
S’en aller cacher ses larmes

Pascal Usseglio

Octobre 2005 – mars 2006

par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
III. seul
 
Il est minuit.
L’appartement résonne de son absence,
Lugubre et sinistre présence.
 
L’air me manque
Le vertige m’écrase
Les murs m’enserrent
 
J’écoute à en devenir sourd
Les bruits de la solitude ;
De l’horloge comme un canon
Le tic tac tonne, tourne en rond.
 
Je parle pour rompre l’isolement
Ma voix se perd dans le vide.
J’ai envie de hurler,
Je murmure.
 
Je traverse les pièces
Une à une
Inlassablement.
 
Devant le vide palpable
Vient la brûlure immense.
 
Mon âme en flamme
Est hurlement.
Je n’ai plus conscience d’être moi,
Seulement d’être seul.
 
Mon cœur se consume
Dans des battements sans écho.
 
Face au silence
Il bat plus fort encore,
A tout rompre,
Sauf le silence.
 
Mes yeux sont secs.
Les larmes
N’ont plus de sens.
 
Je me couche sans dormir
Et me lève sans m’éveiller.
Je suis mort hier
D’avoir perdue celle qui faisait sens.
 
Je n’étais plus de ce monde
Parce que déjà je n’étais plus du sien.

Pascal Usseglio

Octobre 2005 – mars 2006

par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
IV. suite sans fin des jours
 
Les jours se suivent,
La nuit s’approfondi.
Approche une certitude
Inconsciente et informulée.
 
Les jours m’enlisent.
Les nuits m’épuisent.
 
J’ère sans but hors le monde et hors la vie.
Marchant aux milieux d’arbres étrangers
Croisant d’irréelles personnes
Dont je soupçonne l’inconsistance.
 
Rien n’a de sens,
Rien n’a de goût.
 
Le monde plane autour de moi
Telle une ombre.
Je plane autour de ce monde
Telle une ombre.
 
Pascal Usseglio
Octobre 2005 – mars 2006
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
V. étrangers
 
Six ans,
Tous les deux,
Et puis rien.
 
Et puis quoi ? Plus rien.
Deux étrangers qui se parlent,
Deux vielles connaissances
Qui se croisent.
 
Toi ça va ? Et toi ?
Indifférence mutuelle
Insupportable et cruelle.
 
Se parler comme des inconnus
C’est tout ce qui nous reste.
Six ans ensemble l’un et l’autre,
L’un dans l’autre, nous !
 
Six ans de bonheur,
Et sonne cette heure de douleur,
Sans prévenir, sans avertir,
Pas un mot, pas une phrase pour pressentir.
 
Quel est le sens de tout cela ?
Quel est le sens de cette vie ?
Vide, chétive !
Rien ! Cela n’a pas de sens.
Pascal Usseglio
Octobre 2005 – mars 2006
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
VI. dernière nuit
 
Depuis longtemps,
La nuit est ma partenaire,
Partenaire de monologue.
 
Dans le froid
Dans l’isolement
A travers les rues,
 
J’erre dans les clairs obscurs
A la lueur des lanternes de la ville,
Trouvant le silence où je m’écoute.
 
Une nuit.
 
« Hors du monde ».
Hors de moi, sans colère.
Sans victime autre que moi
Pour décharger mon désarroi.
 
Je sors
Une nouvelle fois,
Une nouvelle nuit.
A nouveau pour fuir
Ce chez moi
Qui n’est plus un chez nous.
 
Mes pas hagards
Des heures s'égarent
Dans les ruelles blafardes.
 
Je creuse en moi,
Cherche un pourquoi
Ne trouve aucun sens.
 
Je creuse en moi,
Cherche un horizon
Ne trouve qu’un gouffre sans fond.
 
Les larmes coulent
Froides et brûlantes.
Douleur lancinante.
 
La mort que j’abhorre
Me contemple
Et je lui rends son regard.
 
Pour la première fois
Je n’ai plus peur.
Ma vie m’est indifférente.
 
 « Dépêche toi de vivre
Ou dépêche toi de mourir ».
Je frissonne
D’une évidence nouvelle.
 
Que me reste-t-il à vivre ?
Que j’ai envie de traverser ?
Seul sur ma barque
Emplie d’eau et de sel.
 
« Dépêche toi de vivre
Ou dépêche toi de mourir ».
Je rentre en moi,
Je rentre chez moi.
 
Le silence qui envahissait les rues
Envahit l’univers,
Assis sur le lit,
Les mains sur les joues,
 
Sans bruit,
Le temps s'écoule.
L'heure avance dans la nuit,
Au bout de la route.
 
Et dans ma tête
Une balance.

Pascal Usseglio

Octobre 2005 – mars 2006
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
VII. dernière quête
 
La vie a
Une raison
Un pourquoi
Un pour qui
Un sens.
 
J’ai perdu
Celle pour qui
Seule pourquoi
Ma raison,
Mon sens.
 
Je dérive,
Cœur et âme
A vif,
En quête de vie,
En quête de sens.
 
La vie ça sert à quoi ?
 
Silence.
 
J’existe, pourquoi?
 
Silence.
 
La seule raison,
C’est le sexe de mon père
Dans le sexe de ma mère.
Vivant parce que conçu,
 
Au bout d’une chaîne humaine,
Descendant d’un arbre
Jusqu’à chacun de nous,
Jusqu’à moi.
 
Y a-t-il une raison ?
 
Singe imbu de notre sapience,
Notre ego veut un destin
Petit ou grand
Pourvu qu’il est un sens.
 
Alors logique implacable,
La raison, appliquée à toute chose,
Cherche la cohérence
A donner sens 
A nos errances
Sur ce bout de planète.
 
Mais la vie n’est que la vie.
 
Assis sur le lit,
Je suis en souffrance.
Assis sur le lit,
 « Dépêche toi de vivre
Ou dépêche toi de mourir ».
Pascal Usseglio
Octobre 2005 – mars 2006
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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Dimanche 1 juillet 2007
VIII. petit matin
 
Le soleil se lève
Je me couche.
Le sommeil s’empare
De mon âme en peine.
 
Je suis seul
Et je dors.
 
Je ne rêve pas,
Ne pleure pas.
Un sourire m’accueillera-t-il demain,
Chaque instant à venir
M’appartient.
J’ai choisi
C’est mon sens de la vie,
De la naissance
A la mort :
Une succession d’instants,
Une suite de petits moments,
Et nos barques qui les traversent.
 
Pascal Usseglio
Octobre 2005 – mars 2006
 
When the night has been too lonely
And the road has been to long,
And you think that love is only
For the lucky and the strong,
Just remember in the winter
Far beneath the bitter snows
Lies the seed that with the sun’s love
In spring becomes the rose.
The Rose
par Pascal Usseglio publié dans : Nuit - poème en huit respirations
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