Dire les sens,
Oublier les mots,
Serrer contre son coeur
Un peu d'air, un peu d'âme.

Pascal Usseglio
3 septembre 2005


Ce blog est un espace où se rassemblent des poésies, des poèmes, des mots qui complotent quelques sensations et quelques émotions.


rêver

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Mardi 21 août 2007

On ouvre le parapluie sous la musique de la nuit
On ouvre le parachute sous le ciel de l'enfance
On ouvre un regard sur la main qu'on vous tend
On ouvre la danse sous les balcons de l'amour
On ouvre la nuit au jour qui s'en va
On ouvre le plaisir à la jouissance qui vient
On ouvre le cri à celui qui ne vous entend pas
On ouvre l'imagination à tous les saints d'esprit
On ouvre à tous les fous une guerre.
On ouvre  le sable sous nos corps
On ouvre la mer au vaste hyménée
On ouvre des caresses de pierre au coeur durci d'indifférence
On ouvre des chansons d'entreguerre aux gens d'autrefois
On ouvre des pages au livre de la vie
On ouvre des mystéres pour être plus secret
On ouvre des chaînes pour blesser la liberté
On ouvre des châles pour pleurer quelques larmes
On ouvre des balles au ventre des fusils
Onouvre des rêves aux tourments de la haine
On ouvre des fleurs sur des champs de béton
Mais on ouvre l'interdit à tous les interdits
Et l'enfer tournoie sous nos yeux indécents
Et l'étreinte du diable traverse nos jeux
On n'aura plus de paix nulle part.

Isab
publié sur le blog Quotidiens

par Isab publié dans : Poètes invités
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Lundi 20 août 2007

Où finissent les silences,
Des mots jamais prononcés
Tous les "je t'aime" oubliés
Dans les larmes des absences ?

Il est là, debout, le regard éperdu
Gravant sur l'horizon ses rêves et passions
Délestant dans un souffle ses adorations
Ces indomptées chimères de fruit défendu

Quand s'achèvent donc les quêtes
Des chemins d'éternité
Cendres d'authenticité
Semence de nos tempêtes ?

Ô toi le voyageur entends-tu son néant
D'où s'écrie en évent le hurlement des maux ?
Et vois-tu scintiller, mosaïque d'émaux
Ses bleus céruléens, des Cieux se détachant ?

Où finissent les silences
Des maux jamais énoncés
Ceux qui meurent oubliés
Tout en guidant nos errances

Il était là, debout, son esprit suspendu
Au rythme balancé du temps qui s'évapore
La poussière de ses vers se répandra encore
Quand le glas de nos vies lui aura répondu

Krizalyd, publié le 7 août 2007
sur le blog "
Comme une bouteille à la mère"

par krizalyd publié dans : Poètes invités
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Mardi 5 juin 2007
Si je veux vous dire quelques mots aujourd’hui, ce n’est pas pour vous parler de mon père en tant que tel mais vous parler de mon père en tant qu’homme, en tant que président.
 
Papa était peu connu dans les réseaux sociaux classiques qui tissent les liens entre les hommes et les femmes, il faisait pourtant souvent parti de ces personnes anonymes qui usent de leurs convictions et de leurs chaussures pour exprimer leur colère, leur indignation et porter collectivement leurs idéaux.
 
Par sa rigueur et son sérieux, Papa était une fourmi lorsqu’il s’agissait de contribuer au développement de la société.
 
Papa était une cigale lorsqu’il s’agissait d’exprimer ses sentiments, de nous faire connaître ses états d’âme, de nous transmettre son amour
 
S’il y a bien un endroit où l’homme qu’il était a pu réunir ses deux facettes, c’est au Jardins des Goubelets.
Fourmi il était par l’engagement qu’il a mis au service de ce lotissement, avec d’autres comme Dédé, Christian, Albert et j’en passe.
Cigale il était comme animateur, pom pom girl, chef sioux et amateur de rosé
 
Oui, c’est bien ici qu’il a su trouver c’est équilibre social fragile et si précieux, qu’il a su agir et profiter à la fois.
 
 
Ce lotissement et toute l’animation qui le caractérise aujourd’hui comme chaque année, ont été pour mon père une façon d’embrasser l’humanité toute entière, de participer à la conquête de son idéal avec le plus d’humanisme possible. Par delà son idéal de paix, d’égalité, de justice, d’honnêteté et de progrès social, sans arrogance et sans préjugé, il a su composer avec la diversité des êtres qui ont croisé son chemin ici-même.
 
Ce lotissement a été pour moi le lieu de la camaraderie, des amitiés, des bastons aussi des fois. C’est ici, dans ma jeunesse, que s’est construite une partie de mon identité.
Alors aujourd’hui, quand la roue tourne et que nos jeunes prennent à leur tour les rênes dans l’organisation de cette fête, c’est à elle et à celle qui sommeille encore en chaque adulte, que je veux dire un mot.
 
Ces mots, je les emprunte à Jaurès, grand pourfendeur de l’inégalité sociale, parce qu’il partageait les mêmes idéaux que mon père, la même vision humaniste. À moins que ce ne soit l’inverse…
 
Et puisque tout le monde en ce moment s’arroge le droit de se revendiquer de Jaurès, pourquoi pas moi ?!??
 
 
Voici quelques extraits de son discours à la jeunesse prononcé au lycée d’Albi en 1903 :
 
 
Ce premier extrait pourrait résumer en quelques mots l’humanisme de mon père :
 
« Je demandais à ceux qui m’écoutaient de juger les hommes avec bienveillance, c’est à dire avec équité, d’être attentif dans les consciences les plus médiocres et les existences les plus dénuées, aux traits de lumières, aux fugitives étincelles de beauté morale par où se révèle la vocation de grandeur de la nature humaine. Je les priais d’interpréter avec indulgence le tâtonnant effort de l’humanité incertaine. »
 
 
Et enfin parce qu’il nous a fallu et qu’il nous faut encore du courage, et que vous nous en avez transmis, quelques définition du courage par Jaurès dans ce même discours à la jeunesse :
 
« Le courage c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. »
 
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »
 
« Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. »
Jérémie
par Jérémie publié dans : Poètes invités
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Vendredi 20 avril 2007

Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d’une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s’agit aussi de sentiments. Il s’agit d’étonnement d’abord, d’espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s’agit surtout, je crois, d’un sentiment de genèse. Je n’ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l’époque, aucun adulte autour de moi ne s’est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.
Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d’autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d’un meilleur monde. D’un meilleur pays, d’une meilleure ville, d’un meilleur quartier, d’une meilleure rue, d’un meilleur immeuble. D’un meilleur théâtre.
Mieux que d’autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.

Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l’adversaire. Aucune enflure pathologique de l’amour du moi. Aucune goinfrerie.  Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d’une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu’ils ambitionnent de porter, devant l’attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d’insistance. Oui, il faut qu’ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l’orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j’espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu’elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu’à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu’est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s’acharnent à déchirer.
Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l’échec scolaire, et donc pour la culture, pour l’éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu’à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l’Europe, pour une solidarité vraie, qu’on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s’arrêterait pas à une misérable frontière mais s’étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c’est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise —très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu’il était ministre — tandis qu’un troisième… celui-là, à part être président, j’ai du mal à comprendre ce qu’il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s’obstinent à classer quatrième alors qu’il y a cinq ans… vous vous souvenez?
Ô! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? L’horreur de ce jour-là, l’avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d’une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l’opposition radicale, jusqu’à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.
Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C’est du luxe. Un luxe insolent aujourd’hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n’ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n’héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n’y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j’aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l’Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d’Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.

• Ariane Mnouchkine •

J'ai lu ce texte le 5 avril, dans le cadre de la soirée Avant qu'il ne soit trop tard : vingt-deux personnes y ont pris la parole pour expliquer leurs raisons de voter pour Ségolène Royal dès le premier tour de l'élection présidentielle.

le blog d'Ariane Mnouchkine : http://mnouchkine.blogs.liberation.fr/

par Ariane Mnouchkine publié dans : Poètes invités
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Vendredi 1 septembre 2006
La mésange chantait
La voix de l’amour
Mais elle oubliait
De me dire le jour
 
Quand elle est partie        
Qu’elle s'est envolée
En laissant la nuit
Je n'ai pas pleuré
 
J’y ai repensé
Après son départ
J’attends mon aimée
Il n'est pas trop tard
 
Quand elle est venue
Un jour de Sabbat
Je n'y ai pas cru
Mais j'étais bien là
 
Elle m'est apparue
Drapée de confiance
Je me sentais nu
Sans aucune chance
 
Puis elle a posé
Son regard sur moi
Ses yeux abîmés
Par la fin, la foi
 
J’ai touché sa main
Doucement comme ça
Elle m'a fait du bien
J’ai ouvert mes bras
 
Elle s'est appuyée
Lentement sur moi
Je l'ai embrassé
On est resté là
 
Est tombé la nuit
Sur nous enlacés
Et puis elle a fuit
Me laissant rêver
 
Depuis je ne cesse
De la rechercher
Jusque dans la presse
Où elle est cachée
 
Je relis souvent
Ce que j'ai écrit
Je sais qu'elle entend
Le bruit de ce cri
 
Enfin le silence !
Son image est loin
Reste la souffrance
Et son doux parfum
 
Jérémie Fortin
par Pascal Usseglio publié dans : Poètes invités
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